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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 12:03

L'Antiquité a inspiré et inspire toujours les artistes.

"Rien en se perd, rien ne se crée, tout se transforme" est une citation liée aux sciences mais elle s'adapte très bien aux problématiques des artistes.

Voilà comment les élèves de 3ème créent à partir d'oeuvres d'art antiques.

Apollon du Belvédère

Apollon du Belvédère

L’Apollon du Belvédère

copie romaine en marbre de l'époque antonine

original grec en bronze habituellement attribué à Léocharès, sculpteur de la deuxième moitié du IVe siècle av. J.-C.

H 224 cm

musée Pio-Clementino (musées du Vatican) sous le numéro 1015, Rome

Apollon = dieu grec des arts, du chant, de la musique, de la beauté masculine, de la poésie et de la lumière. Il est conducteur des neuf muses. Apollon est également le dieu des purifications et de la guérison, mais peut apporter la peste par son arc

Le dieu est représenté plus grand que l'homme, nu, portant des sandales et une chlamyde (manteau) sur les épaules. Représenté en plein élan, il avance la jambe droite — la jambe gauche, fléchie vers l'arrière, ne reposant que sur la pointe du pied. Le bras droit repose le long du corps tandis que le bras gauche, sur lequel repose un pan du manteau, est tendu perpendiculairement au torse (la main est restaurée). Le dieu regarde vers la gauche, c'est-à-dire dans la direction opposée à celle de sa marche, créant ainsi une composition en X. Sa chevelure abondante est faite de longues mèches ondulées dont certaines sont ramenées en haut du front et nouées, sans doute pour éviter de le gêner dans l'action. Ce type de coiffure se retrouve fréquemment chez des Aphrodites au bain ou des Artémis chassant. Le carquois porté en bandoulière permet de conclure avec certitude que le dieu tenait un arc dans la main gauche. En revanche, l'attribut tenu dans la main droite fait débat. Les deux propositions les plus vraisemblables font état d'une flèche ou d'un rameau de laurier noué de bandelettes dont on a pensé retrouver les traces sur le tronc d'arbre qui sert d'étai à la jambe. Tenant une flèche, Apollon serait représenté dans son rôle de dieu vengeur, peut-être mis en scène dans le massacre des Niobides. Tenant un rameau de laurier, il serait représenté dans son rôle de purificateur.

 

selfie de dieu

selfie de dieu

Le Discobole

Le Discobole

Le Discobole

attribué à Myron, sculpteur athénien du Ve siècle av. J.-C

sculpture en marbre

H. 1,55 m,

copie romaine, vers 120 ap. J.-C. (original : 450 av. J.-C.)

Rome, palais Massimo alle Terme.

Discobole = Athlète lanceur de disque ou de palet, discipline d'athlétisme.

La statue originale représente un athlète nu, imberbe, figé alors qu'il prépare le lancer de son disque. La tête est tournée sur le côté. Le mouvement se déploie sur le côté, donnant une composition bidimensionnelle (ce qui est caractéristique du pré-classicisme). La composition est géométrisée, théorique. En effet, le bord des pectoraux est net, la musculature est faite de formes plastiques et théoriques qui se répondent. Le personnage, alors qu'en plein effort, est impassible, le regard serein et sans expression. Les paupières sont lourdes, le nez droit, la bouche charnue et légèrement entrouverte, la mâchoire épaisse, le menton fort. On idéalise son visage pour que son image gagne un aspect intemporel.

D’après l’antique
Le Doryphore

Le Doryphore

Doryphore

sculpteur grec Polyclète

sculpture, copie romaine

original en bronze perdu

vers 440 av. J.-C.

musée archéologique national de Naples

Doryphore ou Porte-lance =soldat chargé de transporter le butin au moyen de bois de lance

Polyclète avait entrepris de démontrer, par une « statue dont toutes les parties seraient entre elles dans une proportion parfaite », quels sont les rapports de grandeur dans lesquels la nature a placé la perfection des formes humaines. Il atteignit si bien son but que la statue qu'il donna comme exemple et comme modèle fut considérée comme un chef d'œuvre incontestable. La tête entre au total sept fois dans le corps: trois fois dans le buste et trois fois entre le bassin et les pieds.

La figure est animée par un contrapposto (l'inclinaison des hanches répondant inversement à l'inclinaison des épaules). Cette position a des répercussions sur toute la composition du corps de l'homme au repos. La jambe libre est dégagée d'un côté, la tête est tournée de l'autre. Une jambe est portante, et de l'autre côté, la main portait la lance. Cependant, la statue reste bidimensionnelle et frontale. De plus, le niveau d'idéalisation est très poussé, et l'équilibre de l'attitude n'a rien de naturel. Si la musculature et le réseau de veines sont entièrement maîtrisés, compris, l'anatomie entre dans un schéma idéal. La ligne des pectoraux répond à celle des hanches, l'arc thoracique répond à celui du bas-ventre, la hauteur de la tête équivaut à celle du pied. Le visage lui-même est particulièrement serein et régulier dans ses traits. L'ovale du visage est parfait, les mèches de la chevelure rayonnent de manière régulière, les arcades sourcilières sont nettes.=> Le corps humain est observé à partir de la nature, mais cette observation est idéalisée pour proposer une formule plus idéale et équilibrée.

Gladiateur Borghèse

Gladiateur Borghèse

Gladiateur Borghèse ou Guerrier combattant

Agasias d'Éphèse

sculpture en marbre restauré à Rome en 1611, 14 morceaux

h 169 cm

vers 100 av. J.-C.

Musée du Louvre, Paris

La statue représente un guerrier nu, censé combattre un adversaire qui le dominait du côté gauche, sans doute à cheval : c'est de ce côté que le guerrier tourne la tête et qu'il se protégeait, en portant un bouclier en hauteur dont l'attache est sculptée à l'avant bras gauche ; du bras droit abaissé en arrière, il s'apprêtait à porter un coup d'épée. L'homme est plus grand que nature en effet il mesure 1,69 mètre du sommet de la tête à la plinthe. Le torse est fortement incliné vers l'avant, prolongeant la ligne de la jambe gauche tendue vers l'arrière, la jambe droite fléchit vers l'avant porte le poids du corps : elle est renforcée par un support en forme de tronc d'arbre. En regardant de dos ce double pivotement du corps sur l’équilibre du bassin, nous découvrons tout le jeu de la musculature dorsale et des épaules, dont la contraction se retrouve dans celle des muscles fessiers, soutenant et déployant toute la force d’un corps d’homme. La main droite restaurée tient un tronçon d'épée. Le héros se fend dans un élan qui projette le buste vers l'avant, en un mouvement de défense et d'esquive.

=> Corps aux magnifiques proportions à la fois élancé et musclé.

L'idéal sportif imposa une forme de nudité héroïque

D’après l’antique
Hermaphrodite

Hermaphrodite

Hermaphrodite endormi ou Hermaphrodite Borghèse

sculpture en marbre

169 x 89 cm

copie romaine du IIe siècle. d'après original hellénistique du IIe siècle av. J.-C

matelas par Le Bernin, 1619

Musée du Louvre, Paris

Hermaphrodite = fils d'Hermès et d'Aphrodite, avait repoussé les avances de la nymphe Salmacis. Ne pouvant se résoudre à ce rejet, celle-ci obtient de Zeus que leurs deux corps soient unis pour toujours, d'où leur étrange mariage en un être bisexué, doté d'un sexe d'homme et des formes voluptueuses d'une femme.

Lascivement allongé sur le matelas que créa Le Bernin, le personnage est endormi mais ne s'abandonne qu'à demi au sommeil : la pose contournée du corps et la tension qui affleure jusqu'au pied gauche légèrement soulevé trahissent l'état de rêve.

Cette œuvre est une copie romaine qui s'inspire probablement d'un original grec du IIe siècle av. J.-C. Le sujet reflète le goût pour la nudité alanguie, l'effet de surprise et la théâtralité, très prisés à la fin de l'époque hellénistique. L'œuvre est conçue pour être appréciée en deux temps. D'abord s'impose une gracieuse et sensuelle physionomie qui flatte la féminité du personnage et s'inscrit dans la tradition du nu féminin hellénistique, magnifié ici par la sinuosité de la position. Ensuite, le revers de la statue crée la surprise en révélant sa nature androgyne, usant du réalisme le plus cru. Cet effet de contraste et d'ambiguïté, voire ce goût pour l'étrange qui joue avec les émotions du spectateur, est un aboutissement de l'art hellénistique de la mise en scène. On interprète parfois cette combinaison utopique des deux sexes comme une création mi-ludique, mi-érotique, destinée à illustrer les réflexions philosophiques et platoniciennes sur l'amour.

Le Laocoon

Le Laocoon

Groupe du Laocoon

attribuée à Agésandros, Polydoros et Athénodoros selon Pline l’Ancien

Ier siècle av. J.-C. ou IIe siècle av. J.-C

sculpture grecque antique

issue de 8 blocs de marbre, h 242 x l 160 cm

musée Pio-Clementino, au Vatican, dans la collection Vaticane, Belvédère, n°74, Rome

Le mythe représente Laocoon, qui est un prêtre de Poséidon à Troie, fils de Capys et frère d’Anchise. Il met les Troyens en garde contre le cheval de Troie laissé par les Grecs en déclarant « Timeo danaos, et dona ferentes (je crains les Grecs même lorsqu’ils offrent des présents) », et lancera son javelot contre ses flancs, le cheval sonne creux mais personne ne le remarquera. Deux serpents venus de l’île de Ténédos le tueront, ainsi que ses deux fils. Les Troyens attribueront sa mort à un châtiment de Poséidon ou d’Athéna, offensés qu’il ait blessé l’offrande qui leur était destinée. Convaincus du sacrilège les Troyens feront entrer le cheval dans l’enceinte de la ville.

Scène comme prise sur le vif, où la tension dramatique est traduite sur les visages des personnages, l'expressivité est rendue par des yeux exorbités, désespérés et éperdus. Laocoon, chevelure abondante, impétueuse aux mèches légèrement bouclées, les muscles tendus, tente de se débarrasser du serpent qui l'enserre.

Les sculpteurs se permirent beaucoup de libertés : Les trois personnages sont représentés nus, nudité traditionnellement réservée aux dieux, aux héros ou aux athlètes. Laocoôn et ses fils sont tordus, torturés et cela se voit physiquement et moralement. Les serpents qui s'enroulent autour des personnages impuissants, assurent un lien logique qui harmonise la lecture de l’œuvre. Laocoôn et un de ses fils sont acculés à l'autel ce qui permet aux Rhodiens d'accentuer la notion de fatalité. C'est un dieu qui a envoyé ces serpents, il n'y a donc pas d'échappatoire possible. Les jambes et les bras des personnages sont emprisonnés.

L'expressivité et les visages torturés traduisent la même force, la même volonté de capter un infime moment, le plus dramatique.

Grande maîtrise technique des trois sculpteurs. Recherche du détail, notamment dans l'anatomie et la musculature . La puissance de celle-ci est parfaitement rendue dans l'atmosphère très tendue de la scène. Le goût du pathétique, choix de représenter un moment précis du récit de la prise de Troie, pas mort du personnage mais souffrance.

"Gigantesque" composition et son déploiement dans l'espace. La composition frontale du groupe est destinée à n'être contemplée que d'un seul point de vue ce qui relève certainement d'une simple question d'emplacement

D’après l’antique
D’après l’antique
Vénus de Milo

Vénus de Milo

Aphrodite, dite Vénus de Milo

d'abord été attribuée à tort à Praxitèle mais une inscription sur le socle montre qu'elle pourrait être l'œuvre d'Alexandros d'Antioche

sculpture grecque de la fin de l'époque hellénistique (vers 130-100 av. J.-C.)
marbre (2 blocs de marbre de Paros), h 202 cm
musée du Louvre, Paris.

Vénus = déesse de l'amour, de la séduction et de la beauté féminine dans la mythologie romaine. Elle est l'équivalent de la déesse grecque Aphrodite et de l'étrusque Turan.

La statue représente une femme plus grande que nature, debout, en appui sur la jambe droite et la jambe gauche légèrement fléchie (contrapposto), le pied (disparu) dépassant de la plinthe. Le haut du corps est dénudé ; le bas est revêtu d'un himation (vêtement ample) roulé autour des hanches. Les cheveux sont relevés en un chignon maintenu par un bandeau, dont s'échappent trois mèches tombant sur la nuque.

« Les conditions de la trouvaille et de l’acquisition, l’état de conservation de la pièce, et l’histoire des fragments exhumés à Mélos se sont conjurés pour que la statue garde son mystère. Il n’est donc rien, à ce propos, qui puisse être prononcé avec certitude. Mais si l’on veut bien raisonner en termes de probabilité, c’est Aphrodite, sans doute, qui se présente comme l’identification la plus vraisemblable » Alain Pasquier, conservateur en chef du département des antiquités grecques et romaines du musée du Louvre

D’après l’antique
D’après l’antique
D’après l’antique
D’après l’antique
Incitation (titre) D’après l’antique  
Consigne En vous inspirant des œuvres d’art antique vues et analysées en classe, proposez votre version personnelle.  
Conditions Travail : individuel  
Moyens : libres  
Durée : 2 à 3h  
Notions Variation, reprise, interprétation, canon et codes esthétiques  
Évaluation = Compétences J’ai créé une production plastique dont le référent (oeuvre antique) est lisible C3, C11
J’ai employé des moyens adaptés à mon idée ainsi qu’à sa réception par le spectateur C1, C6
J’ai proposé une représentation personnelle, je me suis placé dans un contexte artistique et historique en ayant conscience du sens de mon interprétation C12, C14
Références Apollon du Belvédère => D. Arsham  
Discobole => Uderzo  
Doryphore => Matthew Darbyshire  
Gladiateur Borghèse => Salvage, Van Woert  
Hermaphrodite => Barry X Ball  
Laocoon => Uderzo, Lichtenstein  
Vénus de Milo => Magritte, Dali, Niki de St Phalle, Geluck  
Martin Parr  
Bilan « j’ai appris » Une œuvre est toujours issue d’une culturel artistique et peut en inspirer d’autres.  
L’Antiquité est un vaste répertoire pour l’ensemble de l’histoire des arts, tant en sujets qu’en formes  
La différence entre interprétation, variation, reprise, copie.  
   

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